Appel aux candidats à l’élection présidentielle

en faveur d’un grand absent :

LE PROBLEME DU RECHAUFFEMENT CLIMATIQUE

Au cours des nombreux débats qui rythment la campagne présidentielle, les candidats semblent d’accord sur au moins un point : ne pas parler sérieusement du réchauffement climatique.

Contrairement à ce qu’on aurait pu croire, la catastrophe de Fukushima n’a eu que peu d’influence sur le maintien ou le développement de la production d’électricité nucléaire dans le monde. Seule l’Allemagne a, immédiatement, arrêté définitivement environ un tiers de ses réacteurs. Par contre, elle a eu un rôle très clair dans l’établissement de la chape de silence qui recouvre désormais la question des émissions de gaz à effet de serre. Ce pays qui se veut un parangon de vertu écologique (bien que chaque allemand émette 70 % de CO2 de plus que chaque français) s'apprête à fermer tous ses autres réacteurs d’ici 2022, tout en sachant que le  recours à des énergies intermittentes  implique de brûler du charbon et d'augmenter les GES.

Aux Etats Unis, pour qui le réchauffement climatique est le cadet des soucis, la production d’un gaz de schiste bon marché a freiné sinon arrêté la renaissance prévue du nucléaire, le lobby gazier utilisant évidemment les peurs provoquées par les évènements du Japon. On comprend naturellement que les Japonais, traumatisés par la destruction de 3 réacteurs à Fukushima prennent le temps de la réflexion avant de redémarrer leurs autres réacteurs. En attendant ils sont contraints de produire la presque totalité de leur électricité grâce à des centrales brûlant des combustibles fossiles.

Il résulte de tous ces dérapages  que la barre symbolique d’une concentration de CO2 dans l’atmosphère de 400 ppm va être très prochainement franchie, notoirement plus tôt que ce qui était prévu au moment de la conférence de Copenhague.

La France n’a-t-elle plus rien à dire sur le sujet ? C’est ce que semblent penser les candidats à la Présidence de la République, à en juger par leur extrême discrétion.

Nous leur demandons donc de rompre ce silence  incompréhensible en prenant des engagements précis pour la France:

·          Refuser de voir augmenter la production d’électricité d’origine fossile

·          Décourager l’usage du chauffage au fioul et au gaz

·          Encourager fortement la transition vers l’électricité dans les transports publics et individuels.

Parmi les pays développés la France est un de ceux qui a les  meilleures performances en matière d’émission de CO2. Elle doit jouer à fond cet avantage par souci écologique mais aussi, par intérêt économique bien compris en prenant sans complexe la place de leader incontesté en termes de  développement des usages et de la production d’électricité décarbonée (électricité renouvelable et nucléaire), passage obligé vers une économie à bas carbone.

Un dividende non négligeable d’une telle politique sera d’amortir le choc inévitable que ne manquera pas de produire l’augmentation considérable du prix des combustibles fossiles qui se profile à l’horizon..

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